Le stress est le mal des temps modernes. A peine connu il y a 40 ans, celui-ci est accepté comme un aléa normal de la vie courante. Selon l’American Institute of Stress (AIS), il est à l’origine de 75% à 90% des consultations médicales classiques et alternatives, et de 60 à 80% des accidents du travail. Nous vous aidons à y voir plus clair sur ce phénomène qui vous agresse au bureau, dans la rue ou même dans votre vie privée.
Il existe deux formes bien distinctes de stress : le physique et le psychologique. Le stress physique est le reste de tension lié à une activité intense (par exemple ranger du bois de chauffage) à laquelle le corps n’est pas habitué. A trop travailler, des contractures/tensions/douleurs apparaissent. Elles ont une fonction d’alerte et renseignent sur l’état de fatigue du corps. Si elles sont ignorées, des blessures peuvent survenir. De son côté le stress psychologique est le résultat d’une activité liée à l’intellect/rationnel (par exemple gérer les comptes d’une société). Il renseigne sur la sensation de risque à laquelle la personne est soumise. Faisons bien la différence avec la « sensation de risque » et le risque objectif. Cette sensation est propre à chaque individu, qui réagira plus ou moins fort à certaines contraintes,
selon son éducation, son caractère et sa capacité à gérer la pression. A ce propos, stress veut dire « contrainte » en anglais. Ces contraintes, causes du stress, sont généralement les suivantes :
1. La nouveauté
2. La frustration
3. Le conflit
4. Le traumatisme
Comment ça marche ?
La première forme de stress engage essentiellement les muscles. Si l’activité physique est temporaire, un bon massage musculaire et un bon bain chaud devrait remettre tout en ordre sans trop de difficulté. Le second est plus problématique et il représente 50% des personnes qui se présentent dans nos cabinets de massage. Dans notre société, nos activités professionnelles sont généralement des services qui nécessitent une réflexion et une adaptation intellectuelle permanente. Les responsabilités engendrent une pression sur l’individu, pression qu’il gère plus ou moins bien. Concrètement parlant, le cerveau est divisé en plusieurs parties. La plus grosse est le cortex, qui observe, analyse, réfléchit, trie et enregistre les informations. En dessous se trouve le système limbique qui gère les émotions notamment. Enfin tout en dessous se situe le cerveau dit « reptilien » qui gère les émotions de base (la peur, le dégoût, l’appréciation, etc). Ce dernier fonctionne de manière basique, mais a la haute main sur les influx vers le corps. En cas de stress, que l’on peut définir comme l’état où l’on est débordé par les événements et les informations, le cortex envoie une demande d’intervention au système reptilien. Celui-ci produit alors un ordre à l’hypothalamus, qui transmet à l’hypophyse et qui arrive aux glandes surrénales qui se met à son tour à produire une hormone : le cortisol. Cette hormone est un message, tout comme la douleur. Si on n’écoute pas sa douleur, on risque d’avoir encore plus mal. Si on n’écoute pas son stress, on risque d’avoir encore plus de stress. Et pour cause, tant que le cerveau reptilien n’a pas reçu de contre ordre de la part du cortex, il continue d’envoyer une demande de fabrication de cortisol. L’hormone ne s’efface pas dans le corps, mais s’accumule jour après jour, augmentant ainsi la puissance de l’effet.
Quels sont les effets du stress ?
On l’a vu les causes du stress sont variables, mais elles mènent toutes à un sentiment d’insécurité, de peur. La réaction du cerveau est de préparer le corps à une situation critique pour faire face aux dangers. C’est pourquoi le cortisol est un puissant message chimique qui met les muscles sous tension, afin de pouvoir réagir avec force et violence. Dans notre société, la réaction physique au stress n’est plus, elle a été gommée. Le corps ne trouve donc plus d’exutoire pour brûler le cortisol et faire retomber la pression. Du coup, des crispations musculaires vont rapidement s’étendre. Les plus classiques sont celles de la nuque, des épaules, du trapèze. Ensuite, cela se propage dans les grands dorsaux et finit généralement par bloquer le dos (lombalgies). Du côté du système digestif, le premier organe le plus affecté par le stress est l’estomac qui va perdre de sa capacité à digérer, ou créer trop d’acide, et finir par faire des ulcères. Les intestins et le foie peuvent aussi être affectés par ricochets. Enfin, le sommeil est généralement affecté par une suractivité du cerveau qui tente de trouver une solution à tous les problèmes qui l’assaillent. Le cerveau ne comprend pas pourquoi il n’obtient pas de réponse à son message. Il entre alors dans une période de doute psychologique, terrain favorable au développement d’angoisses, de peurs, de perte de considération et de confiance en soi, ce qui finit généralement par une dépression ou un burn-out. Une exposition de longue durée au stress, c’est-à-dire la non-écoute du message de son corps pendant une longue période, entraîne des troubles durables et toujours plus forts.

Comment lutter contre le stress ?
Comme toujours la meilleure méthode est la prévention. Pour cela, il faut faire au minimum un activité physique par semaine, activité qui va permettre de passer sa charge de stress dans une dépense corporelle. Pour aider le cerveau à gérer les contraintes, le yoga, la méditation, le do-in, le qi-gong, la sophrologie sont d’excellents moyens pour apprendre à conserver son calme intérieur et garder une certaine distance par rapport aux événements de la vie. Lorsqu’il est trop tard et que le stress est durablement installé, il faut se faire soigner. Pour cela le massage est une bonne solution. Mais il ne fonctionne pas instantanément, car il lui faut parfois effacer des mois, voire des années, de stress accumulé. Il faut donc suivre un véritable traitement qui soit à la fois tissulaire et énergétique. Il faut ramener le calme pour retrouver en priorité le sommeil, détendre les muscles, redonner du tonus au système digestif, remonter le
« moral des troupes » pour éviter la dépression en ré-énergisant les reins, calmer le cœur et le péricarde et redonner une souplesse et une bonne mobilité à toutes les articulations. C’est donc un travail global qui ne peut fonctionner que si le sujet fait aussi des efforts de son côté pour faire du sport, manger et boire sainement, avoir son content d’heures de sommeil, apprendre à faire des pauses et retrouver les priorités de sa vie.
En conclusion
La principale différence entre ces deux stress, est que le stress physique est lié plus clairement à un moment défini, en dehors duquel une mobilisation des ressources n’est plus nécessaire, parce que le travail est fini (dans l’exemple de ranger du bois, lorsque le rangement est fini, il n’est plus nécessaire de maintenir un tonus physique élevé), et aussi parce que ce travail est « visible ». Vous voyez clairement lorsque la tâche est accomplie, et cela est comme un signal à votre corps qui peut troquer la production d’hormones de cortisol contre celle de récompense et de plaisir (dopamine par exemple). Dans le cas du stress psychologique, la distinction « temps » (par exemple arrêter de penser au travail alors qu’on est sorti du bureau) est parfois difficile à faire, d’une part parce que ce travail se poursuit dans votre tête, à toutes heures du jour et de la nuit, et d’autre part parce que toutes vos tâches nécessitent souvent de la préparation et de l’organisation, ce qui veut dire : conceptualiser, recenser, planifier, organiser, déclencher, construire, gérer, suivre les effets, etc. Il est donc plus difficile de faire une coupure avec une activité intellectuelle qu’avec une activité physique. Dans tous les cas, pensez à vous, soyez à l’écoute de votre corps et entretenez votre santé en permanence par le sport et par un massage préventif.
